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Archives mensuelles : janvier 2012

Fichtre, nous sommes fichés !


Si vous n’y avez pas encore été, vous avez encore jusqu’au 23 janvier pour aller voir aux Archives nationales, l’excellente exposition sur le fichage du Second Empire jusqu’aux années 60.

A la moitié du XIXème siècle des simples fiches de signalement décrivaient uniquement l’apparence. Elles vont peu à peu évoluer. En 1850, la préfecture de police va insérer dans ces fiches, une photographie.  Le fichage n’est pas encore systématique, il ne concerne que les criminels et l’image n’est pas considérée comme un élément d’identification fiable. Mais voilà déjà l’ancêtre de notre actuelle carte d’identité.

C’est la répression de la Commune de Paris qui va généraliser l’utilisation de la photographie pour ficher les « criminels ».  C’est un commis à la préfecture de police de Paris, Alphonse Bertillon qui va révolutionner le système d’identification. Avec lui, la fiche de signalement devient une fiche anthropométrique dans laquelle sont précisés neuf éléments du corps, tour de taille, tour de tête, taille des oreilles etc. Ils permettent de mieux appréhender les récidivistes qui parvenaient à échapper à la police en taillant leur barbe ou en rasant leur crâne.

Alors qu’en 1870 n’étaient répertoriés que les malfaiteurs, on peut voir, au fil de l’exposition, que le fichage s’adapte aux besoins de l’époque, avec la révolution bolchévique, l’intérêt se focalise sur les syndicalistes par exemple, ou pendant la Guerre d’Algérie, l’attention se porte sur des membres ou sympathisantes du Front de Libération Nationale (FLN). A travers les époques, ce système de fichage va être confronté à diverses critiques venant des hommes politiques, des journalistes ou de simples citoyens qui dénoncent son caractère liberticide.

A travers un parcours didactique, le visiteur a accès à des fiches en tout genre, il se retrouve devant un impressionnant -et effrayant- regroupement de fiches qui vont du sol au plafond,  devant le mandat d’arrêt de Jules Joseph Bonnot de la bande à Bonnot ou encore face à d’immenses registres, les uns plus improbables que les autres, comme celui des courtisanes ou celui des images obscènes saisis à Paris par la Police des mœurs entre 1862 et 1865.  On regarde avec effarement toutes les fiches sur les étrangers et les tampons « Juif » sur les fiches du régime de Vichy.

En 1960, le fichage touche toute la population. A l’aube de l’informatique, le système s’automatise et se perfectionne mais la plupart de ces fichiers ne sont pas communicables.  Cette exposition fait réfléchir, elle inquiète, des gens qui ne soupçonnaient pas, une seconde, être fichés, l’étaient et on se demande bien quels types de fiches sont faites aujourd’hui.

Fella Adimi

«Fichés?» Photographie et identification du Second Empire aux années 1960. Archives Nationales – Hôtel de Soubise – jusqu’au 23 janvier 2012.

 
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Publié par le 19 janvier 2012 dans Uncategorized

 

A Paris, les Tunisiens fêtent le premier anniversaire de la révolution

A travers une “marche” pour les libertés, les Tunisiens de la capitale ont souhaité célébrer à leur manière la chute de Ben Ali

Dans une ambiance à la fois festive et revendicative, quelques 800 personnes ont
manifesté, samedi 14 janvier, de la place de la République à la place de la Bastille.
Habillés du drapeau de leur pays, les Tunisiens de Paris ont défilé dans le froid, chantant l’hymne national et faisant des youyous.

Plus qu’une simple célébration pour les associations organisatrices, il s’agissait avant tout de s’associer aux luttes encore en cours  tout en rendant hommage aux martyrs. Des pancartes rappelaient qu’il fallait rester “fidèles au sang des martyrs” et “vigilants” quant aux récents acquis.

Des affiches reflétaient l’inquiétude de certains qui accusent Ennahdha, le parti islamiste, de s’attaquer aux libertés. Un jeune homme brandit une affiche: « Ne touchez pas à notre université », ceci en allusion aux conflits qui ont eu lieu en décembre dernier lorsque des militants islamistes radicaux avaient investi la faculté des Arts et des Lettres de La Manouba, à 15 km de Tunis, pour réclamer le droit aux étudiantes de porter le niqab. Aussi, un groupe criait en arabe : « Pas de califat, pas d’émir » en référence aux propos du Premier ministre islamiste Hamadi Jebali qui avait appelé  à constituer un « 6ème Califat » dans le Monde arabe.

Les partis politiques se sont bousculés à cette marche qui était plus un cortège de partis politiques qu’une manifestation populaire. Des représentants du CPR, d’Ettajdid, d’Ennahdha, et même le député à la Constituante d’Ettakatol Selim Ben Abdessalem étaient au rendez-vous.

Les manifestants entendaient aussi condamner l’ingérence étrangère dans leur pays, à l’image de cette femme d’une quarantaine d’années qui avançait avec une poussette en criant : « Qatar dehors, les Etats-Unis aussi », un homme d’un certain âge s’indignait : « La France a soutenu Ben Ali, nous ne voulons plus qu’elle se mêle de nos affaires », l’ingérence leur fait trop rappeler que leur dictateur Ben Ali avait le soutien de la France jusqu’à ses dernières heures au pouvoir.

Les manifestants qui craignent la montée au pouvoir d’une autre dictature, ne cessent de clamer tout le long du cortège: « nous ne voulons pas d’un nouveau Ben Ali ».  Les slogans d’unité reviennent beaucoup, le même monsieur d’un certain âge remarque :
« Ils nous ont divisé ». Par « ils » il faut comprendre, Ennahdha. Le pays est divisé entre les islamistes et progressistes depuis que le parti Ennahdha a remporté plus de 40% des voix à l’assemblée constituante en octobre dernier.

Entre tristesse et fierté, les Tunisiens de Paris espèrent toujours voir les objectifs de la révolution, plus de dignité, de liberté, de travail, se réaliser.  Plusieurs jeunes s’agacent, déçus « par un gouvernement qui n’a encore rien fait pour lutter contre le chômage ». « On s’attendait à ce que le gouvernement trouve un boulot pour le peuple et c’est le peuple qui lui a trouvé un boulot » dit un jeune homme tout sourire.

 Fella Adimi et Olfa Khamira

 
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Publié par le 15 janvier 2012 dans Uncategorized

 

Le Jameel Prize 2011 : l’art islamique contemporain à l’honneur

L’institut du Monde arabe propose de découvrir l’art islamique contemporain à travers les nominés au Jameel Prize, prix international qui récompense depuis 2009, des artistes et des designers s’inspirant des traditions islamiques dans les domaines de l’art, de l’artisanat et du design.  

De suite le regard est attiré par l’œuvre colorée d’Hediah Shafie. Cette artiste iranienne née en 1983 copie des textes soufis en langue persane sur des rubans de papier qu’elle enroule avant de les glisser dans un châssis. Elle met toutes ces bobines les unes à coté des autres et crée une œuvre lumineuse qui invite à la réflexion.

Ce n’est pas la seule œuvre originale de l’exposition, on peut citer le livre blanc d’Aisha Khalid dans lequel il n’y a rien écrit…ou encore la ligne de vie, remarquable création de la pakistanaise Noor Ali Chagani, incroyablement déroutante, car si son titre est ligne de vie, de loin cette courbe de briques exposée au sol, comme un morceau de tissu jeté à terre, semble plutôt représenter un mort.

Dix artistes inconnus du public français sont exposés pour nous inviter à aller à la rencontre de créateurs qui explorent les champs de l’art islamique et les pratiques artistiques contemporaines. Pour les organisateurs, cette exposition a aussi pour but d’élargir le débat sur la culture islamique.

On lève la tête bien haut pour observer, les Maitres invisibles, la série de tapis de Rachid Koraïchi, artiste algérien, gagnant de l’édition de Jameel Prize 2011.

Il y a des œuvres politiques comme celle de l’Irakien Hayv Kahraman, son Assad Babil, Le lion de Babylone, ne peut s’empêcher de nous faire penser à l’Irak d’aujourd’hui. Ses représentations des immigrés la corde au cou, empreintes de mélancolie et de tristesse, sont marquantes.

C’est une petite exposition d’une vingtaine d’œuvres que propose l’IMA qui vaut le coup d’œil car elle permet d’observer le travail d’une nouvelle génération d’artistes contemporains. Il faut  profiter de cette exposition pour admirer le bâtiment dans lequel elle a lieu, le Mobile Art, inauguré au printemps dernier et dessiné par Zaha Hadid qui signe une œuvre architecturale futuriste qui nous transporte ailleurs, un ailleurs dans lequel avait déjà réussit à nous emmener cette dizaine d’artistes.

Fella Adimi

Une des oeuvres de Hadieh Shafie, 26 000 pages, 2011 :

 
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Publié par le 3 janvier 2012 dans Uncategorized

 
 
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